LORES

Première partie — Les Origines

On dit qu'un changement en appelle toujours un autre. Comme une vague qui en entraîne une seconde, puis une troisième. 

On dit aussi que rien n'est immobile : le temps avance, transforme, efface… puis reconstruit. 

L'adaptation n'est pas toujours possible, mais elle est parfois nécessaire. À vrai dire, Elle a toujours façonné la Terre. 

Vous ne me croyez pas ? Pourtant, notre existence n'en est-elle pas l'exemple parfait ? Non ? 

Alors laissez-moi vous ramener bien en arrière. Sur une Terre que ni vous, ni moi n'avons connue. Une époque où l'Afrique, l'Europe, l'Asie, l'Amérique du Sud, l'Amérique du Nord, l'Océanie et l'Antarctique ne formaient qu'un seul et immense bloc : la Pangée. 

Durant près de cent millions d'années, ce continent abrita une multitude d'espèces, avant de se fragmenter, de dériver… et de prendre la place que nous lui connaissons aujourd'hui. 

Mais, aujourd'hui, ce n'est pas de cette face du monde que je souhaite vous parler.

Je veux vous parler de son opposé. Une terre autrefois submergée par les profondeurs océaniques, ne laissant émerger que quelques amas rocheux. 

Invivable, me direz-vous ? Et pourtant… Depuis quelque temps, à la suite d'un bouleversement climatique, les eaux reculent lentement. 

Elles dévoilent une terre humide, brute, sauvage. Une terre qui, si le destin le permet…

pourrait accueillir une nouvelle ère. 

PRIMALIS

Alors que les eaux se retirent progressivement, Primalis commence à apparaître.

La mer descend, découvrant lentement des terres humides, des plages et des collines oubliées, comme si l'île se réveillait après un long sommeil sous les flots.

Chaque vague qui recule laisse entrevoir un peu plus de ce monde caché, prêt à accueillir une nouvelle vie…

 Cependant, comme je vous l'ai dit au tout début de notre histoire, le changement, bien que nécessaire, exige presque toujours une phase d'adaptation. Mais, comment s'adapter dans une terre humide, où même les plus petites plantes semblent peiner à vivre tant les sols sont salés ?

Vous pensez sûrement qu'une adaptation rapide est impossible, et pourtant, c'est sur les terres les plus hautes de Primalis que de discrets mammifères semblent s'être repliés, à couvert de tout danger.

Là, perchés sur les sommets, ils observent le monde qui renaît sous leurs yeux. Près des lacs, des rivières et des cours d'eau, apparemment, certains se sont adaptés plus rapidement que d'autres, profitant de l'humidité et de la végétation naissante pour s'abriter, se nourrir et commencer à prospérer dans ce nouvel environnement.

Mais si leur taille et leur agilité leur ont permis d'arriver les premiers, ces discrets mammifères ne sont pas seuls sur Primalis. Sur les terres basses, encore marécageuses et couvertes de brume, des mouvements lourds et furtifs trahissent la présence d'êtres plus imposants, plus puissants.

Les dinosaures. Finalement, cela ne montre-t-il pas une fois de plus que, quelles que soient les épreuves, la vie finit toujours par trouver un chemin ?

Ne soyez cependant pas trop optimiste, car même si j'ai écrit plus haut que "tout changement demande adaptation", il a également été précisé que cela n'était pas toujours possible. Pourquoi ?

Eh bien parce que, depuis des milliers d'années, notre belle planète Terre obéit à quelques règles simples : la survie, la loi du plus fort, et la fuite des plus faibles. Mais si la vie suit son chemin, c'est ici, sur Primalis Rubis, que des chemins vont se croiser et se mêler, tissant une danse où beauté et cruauté vont s'entrelacer, rappelant que l'existence n'est jamais simple, mais toujours pleine de sens. Le nom de ce phénomène ? La vie.